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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
SOUS-PRÉFECTURE D'ARGENTAN
Pôle actions de l'Etat
NOR : 1200-10-00584
ARRÊTÉ PRÉFECTORAL COMPLÉMENTAIRE portant sur les rejets de substances dangereuses dans le milieu aquatique Société MERMIER LEMARCHAND Commune de TINCHEBRAY
Le Préfet de l’Orne
Chevalier de la légion d’honneur,
VU la directive européenne 2008/105/EC du 16 décembre 2008 établissant des normes de qualité environnementale dans le domaine de l’eau ;
VU la
directive européenne 2006/11/CE
concernant la pollution causée par certaines substances dangereuses déversées dans le milieu aquatique de la Communauté ;
VU la
directive européenne 2000/60/CE
du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau (DCE) ;
VU le
code de l’environnement
, et notamment son titre 1er des parties réglementaires et législatives du Livre V ;
VU l’
arrêté ministériel du
modifié
pris en application du
décret du
relatif au programme national d’action contre la pollution des milieux aquatiques par certaines substances dangereuses ;
VU l’
arrêté ministériel du
modifié
relatif au programme national d’action contre la pollution des milieux aquatiques par certaines substances dangereuses ;
VU la
circulaire DPPR/DE du
qui organise une action nationale de recherche et de réduction des rejets de substances dangereuses dans l’eau par les installations classées ;
VU la circulaire DCE 2005/12 du 28 juillet 2005 relative à la définition du « bon état » ;
VU la
circulaire DE/DPPR du
définissant les « normes de qualité environnementale provisoires (NQEp) » et les objectifs nationaux de réduction des émissions de certaines substances ;
ADRESSE POSTALE : 9, ROUTE DE SÉES B.P. 20267 61202 ARGENTAN CEDEX ☎ 02.33.80.61.61 (standard) Télécopie : 02.33.39.54.52
Tout courrier relatif à cette affaire, doit obligatoirement être adressé sous forme impersonnelle dans la rédaction de la lettre et le libellé de l’enveloppe
VU la
circulaire DGPR/SRT du
relative à la mise en œuvre de la deuxième phase de l'action nationale de recherche et de réduction des substances dangereuses pour le milieu aquatique présentes dans les rejets des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) soumises à autorisation ;
VU la
circulaire DGPR/SRT du
relative à l'adaptation des conditions de mise en œuvre de la
circulaire du
relative aux actions de recherche et de réduction des substances dangereuses dans les rejets aqueux des installations classées ;
VU le rapport d'étude de l'INERIS N°DRC-07-82615-13836C du 15 janvier 2008 faisant état de la synthèse des mesures de substances dangereuses dans l'eau réalisées dans certains secteurs industriels ;
VU l'
arrêté préfectoral du
autorisant la société MERMIER LEMARCHAND à exercer ses activités relevant de la nomenclature des installations classées Rue de Vire sur le territoire de la commune de TINCHEBRAY, complété par l'
arrêté préfectoral complémentaire du
;
VU le courrier de l'inspection du 9 novembre 2010 qui a proposé un projet d'arrêté préfectoral ;
VU le courrier de l'exploitant du 26 novembre 2010 en réponse ;
VU le rapport de l'inspection des installations classées en date du 29 novembre 2010 ;
VU l'avis du conseil départemental de l'environnement et des risques technologiques du 16 décembre 2010 ;
VU les résultats du rapport établi par le laboratoire départemental Frank Duncombe et daté du 24 octobre 2006 présentant les résultats d'analyse menées dans le cadre de la première phase de recherche de substances dangereuses dans l'eau ;
Considérant l'objectif de respect des normes de qualité environnementale dans le milieu en 2015 fixé par la
directive européenne 2000/60/CE
;
Considérant les objectifs de réduction et de suppression de certaines substances dangereuses fixées dans la
circulaire DE/DPPR du
;
Considérant la nécessité d'évaluer qualitativement et quantitativement par une surveillance périodique les rejets de substances dangereuses dans l'eau issus du fonctionnement de l'établissement au titre des installations classées pour la protection de l'environnement afin de proposer le cas échéant des mesures de réduction ou de suppression adaptées ;
Considérant les effets toxiques, persistants et bioaccumulables des substances dangereuses visées par
le présent arrêté
sur le milieu aquatique ;
Sur proposition du secrétaire général de la préfecture de l'Orne,
ARRÊTE :
Article 1 : Objet
La société MERMIER LEMARCHAND dont le siège social est situé Rue de Vire BP6 à TINCHEBRAY doit respecter, pour ses installations situées Rue de Vire sur le territoire de la commune de TINCHEBRAY, les modalités du
présent arrêté
préfectoral complémentaire qui vise à fixer les modalités de surveillance provisoire des rejets de substances dangereuses dans l'eau afin d'améliorer la connaissance qualitative et quantitative des rejets de ces substances.
Les prescriptions des actes administratifs antérieurs en date du 10 décembre 2008 et du 18 décembre 2009 sont
complétées
par celles du
présent arrêté
.
3/6
Article 2 : Prescriptions techniques applicables aux opérations de prélèvements et d’analyses
Pour l’analyse des substances, l’exploitant doit faire appel à un laboratoire d’analyse accrédité selon la norme NF EN ISO/CEI 17025 pour la matrice
Eaux Résiduaires
, pour chaque substance à analyser.
2.3
L’exploitant doit être en possession de l’ensemble des pièces suivantes fournies par le laboratoire qu’il aura choisi, avant le début des opérations de prélèvement et de mesures afin de s’assurer que ce prestataire remplit bien les dispositions de l’
annexe 5
du
présent arrêté
:
1. Justificatifs d’accréditations sur les opérations de prélèvements (si disponible) et d’analyse de substances dans la matrice
eaux résiduaires
comprenant a minima :
a. Numéro d’accréditation
b. Extrait de l’annexe technique sur les substances concernées
2. Liste de références en matière d’opérations de prélèvements de substances dangereuses dans les rejets industriels ;
3. Tableau des performances et d’assurance qualité précisant les limites de quantification pour l’analyse des substances qui doivent être inférieures ou égales à celles de l’
annexe 2
du
présent arrêté
;
4. Attestation du prestataire s’engageant à respecter les prescriptions figurant à l’
annexe 3
du
présent arrêté
.
2.4
Dans le cas où l’exploitant souhaite réaliser lui-même le prélèvement des échantillons, celui-ci doit fournir à l’inspection avant le début des opérations de prélèvement et de mesures, les procédures qu’il aura établies démontrant la fiabilité et la reproductibilité de ses pratiques de prélèvement et de mesure de débit.
Ces procédures doivent intégrer les points détaillés au
paragraphe 3
de l’
annexe 5
du
présent arrêté
et préciser les modalités de traçabilité de ces opérations.
Pour bénéficier de cette disposition, l’exploitant devra transmettre les éléments à l’inspection des installations classées :
Après transmission, l’exploitant ne pourra procéder par lui-même à ces opérations de prélèvement et d’échantillonnage, qu’après avoir recueilli l’accord de l’inspection des installations classées.
2.5
Les mesures de surveillance des rejets aqueux déjà imposées à l’industriel par arrêté préfectoral sur des substances mentionnées dans
le présent arrêté
peuvent se substituer à certaines mesures visées dans
le présent arrêté
, sous réserve du respect des conditions suivantes :
- les modalités de prélèvement et d’analyses pour les mesures de surveillance répondent aux exigences de l’
annexe 5
du
présent arrêté
, notamment sur les limites de quantification.
Article 3 : Mise en œuvre de la surveillance initiale
3.1. Programme de surveillance initiale
L’exploitant met en œuvre dès le 1er mai 2011, le programme de surveillance au point de rejet des effluents industriels de l’établissement dans les conditions suivantes :
- périodicité : 1 mesure par mois pendant 5 mois du fait de la participation à la première phase de recherche des substances dangereuses dans l'eau (cette périodicité pourra être revue notamment durant la période estivale -mois de juillet et août- si les rejets ne sont pas représentatifs du fonctionnement normal de l'établissement) ;
- durée de chaque prélèvement : 24 heures représentatives du fonctionnement de l'installation.
- Cas spécifique des abandons de substances : les substances suivantes pourront être abandonnées à la condition que les trois premières mesures démontrent leur absence (concentration inférieure à la limite de détection) : Tributylétain cation, Dibutylétain cation, Monobutylétain cation (ces substances n'appartiennent pas aux listes en gras des listes sectorielles définies à l'
annexe 1
de la circulaire de référence).
Il transmet au plus tard à cette échéance du 1er mai 2011 un courrier à l'inspection des installations classées l'informant de l'organisme qu'il aura choisi pour procéder aux prélèvements et aux analyses ainsi que de la période de démarrage du programme de surveillance initiale.
3.2. Rapport de synthèse de la surveillance initiale
L'exploitant doit fournir à l'inspection des installations classées au plus tard le 15 avril 2012 un rapport de synthèse de la surveillance initiale devant comprendre :
- un tableau récapitulatif des mesures sous une forme synthétique selon l'
annexe 4
du
présent arrêté
. Ce tableau comprend, pour chaque substance, sa concentration et son flux, pour chacune des mesures réalisées. Le tableau comprend également les concentrations minimale, maximale et moyenne mesurées sur l'ensemble des mesures, ainsi que les flux minimal, maximal et moyen calculés à partir de l'ensemble de ces mesures et les limites de quantification pour chaque mesure ;
- l'ensemble des rapports d'analyses réalisées en application du
présent arrêté
;
- l'ensemble des éléments permettant d'attester de la traçabilité de ces opérations de prélèvement et de mesure de débit et permettant de vérifier le respect des dispositions de l'
article 2
du
présent arrêté
;
- des commentaires et explications sur les résultats obtenus et leurs éventuelles variations, en évaluant les origines possibles des substances rejetées, notamment au regard des activités industrielles exercées et des produits utilisés ;
- des propositions dûment argumentées, le cas échéant, si l'exploitant met en évidence la possibilité d'abandonner la surveillance de certaines substances, en référence aux dispositions de l'
article 3.3
du
présent arrêté
.
- le cas échéant, les résultats de mesures de qualité des eaux d'alimentation en précisant leur origine (superficielle, souterraine ou adduction d'eau potable).
3.3. Conditions à satisfaire pour abandonner la surveillance d'une substance
La surveillance au rejet d'une substance telle que celles visées dans
le présent arrêté
pourra être abandonnée si au moins l'une des trois conditions suivantes est vérifiée (la troisième condition n'étant remplie que si les deux critères 3.1 et 3.2 qui la composent sont tous les deux respectés) :
1. Il est clairement établi que ce sont les eaux amont qui sont responsables de la présence de la substance dans les rejets de l'établissement ;
2. Toutes les concentrations mesurées pour la substance sont strictement inférieures à la limite de quantification LQ définie dans le tableau de l'
annexe 1
du
présent arrêté
(4ème colonne du tableau);
3. 3.1 Toutes les concentrations mesurées pour la substance sont inférieures à 10*NQE (norme de qualité environnementale fixées dans l'
arrêté ministériel du
relatif aux méthodes et critères d'évaluation de l'état écologique, de l'état chimique et du potentiel écologique des eaux de surface pris en application des
articles R. 212-10
,
R.212-11
et
R.212-18
du
code de l'environnement
ou, en l'attente de leur adoption en droit français, 10*NQEp, norme de qualité environnementale provisoire fixée dans la
circulaire DE/DPPR du
), concentrations définies dans le tableau de l'
annexe 1
du
présent arrêté
(5ème colonne du tableau);
ET 3.2 Tous les flux journaliers calculés pour la substance sont inférieurs à 10% du flux journalier théorique admissible par le milieu récepteur (le flux journalier admissible étant calculé à partir du produit du débit mensuel d'étiage de fréquence quinquennale sèche QMNA5 (0,065 m3/s) et de la NQE ou NQEp conformément aux explications de l’alinéa précédent).
5/6
Article 4 : Remontée d'informations sur l'état d'avancement de la surveillance des rejets-Déclaration des données relatives à la surveillance des rejets aqueux
Les résultats des mesures du mois N réalisées au titre de la surveillance des rejets aqueux devront être saisis sur le site de télédéclaration du ministère chargé de l'environnement prévu à cet effet et transmis mensuellement à l'inspection des installations classées par voie électronique avant la fin du mois N+1, lorsque celui-ci sera rendu opérationnel pour la région de Basse Normandie.
Dans l'attente de la possibilité d'utilisation généralisée à l'échelle nationale de l'outil de télédéclaration du ministère ou si l'exploitant n'utilise pas la transmission électronique via le site de télédéclaration mentionné à l'alinéa précédent, il est tenu :
- de transmettre mensuellement par écrit avant la fin du mois N+1 à l'inspection des installations classées un rapport de synthèse relatif aux résultats des mesures et analyses du mois N imposés à l'
article 3
ainsi que les éléments relatifs au contexte de la mesure analytique des substances figurant à l'
annexe 2
du
présent arrêté
.
- De transmettre mensuellement à l'INERIS par le biais du site http://rsde.ineris.fr les éléments relatifs au contexte de la mesure analytique des substances figurant en
annexe 2
du
présent arrêté
.
Article 5 : Prescriptions spécifiques concernant les herbicides et pesticides
Le traitement des espaces verts au sein de l'établissement par usage de produits commerciaux contenant les substances herbicides suivantes : alachlore, atrazine diuron, isoproturon, simazine et trifluraline est interdit à la date de notification du
présent arrêté
.
L'usage d'insecticides à base de chlorfenvinphos, chlorpyrifos, endosulfan, hexachlorocyclohexane et lindane interdit au sein de l'établissement à la date de notification du
présent arrêté
.
Les stocks de produits contenant ces substances herbicides et insecticides devront être éliminés dans des installations régulièrement autorisées à cet effet.
Article 6 : Dispositions applicables en cas d'infraction ou d'inobservations du présent arrêté
Les infractions ou l'inobservation des conditions légales fixées par
le présent arrêté
entraîneront l'application des sanctions pénales et administratives prévues par le titre 1er du livre V du
Code de l'Environnement
.
Article 7 : Délais et voies de recours
Le présent arrêté
est soumis à un contentieux de pleine juridiction. Il peut être déféré à la juridiction administrative :
- par les demandeurs ou exploitants, dans un délai de deux mois qui commence à courir du jour où lesdits actes leur ont été notifiés ;
- par les tiers, personnes physiques ou morales, les communes intéressées ou leurs groupements, en raison des inconvénients ou des dangers que le fonctionnement de l'installation présente pour les intérêts visés à l'
article L.511-1
, dans un délai de quatre ans à compter de la publication ou de l'affichage desdits actes, ce délai étant, le cas échéant, prolongé jusqu'à la fin d'une période de deux années suivant la mise en activité de l'installation.
Les tiers qui n'ont acquis ou pris à bail des immeubles ou n'ont élevé des constructions dans le voisinage d'une installation classée que postérieurement à l'affichage ou à la publication de l'arrêté autorisant l'ouverture de cette installation ou atténuant les prescriptions primitives ne sont pas recevables à déférer ledit arrêté à la juridiction administrative.
Article 8 : Publication
Un extrait du
présent arrêté
est affiché à la mairie de TINCHEBRAY pendant un mois avec l'indication qu'une copie intégrale est déposée en mairie et mise à la disposition de tout intéressé. Il est justifié de l'accomplissement de cette formalité par un certificat d'affichage. Le même extrait est affiché en permanence, de façon visible, dans l'installation par les soins du bénéficiaire de l'autorisation.
Un avis est inséré, par les soins de la sous-préfecture, dans deux journaux diffusés dans le département aux frais du pétitionnaire. Ce même avis sera publié sur le site internet de la préfecture de l’Orne.
Article 9 : Notification
Le secrétaire général de la préfecture de l’Orne, le sous-préfet d’Argentan, le directeur régional de l’environnement, de l’aménagement et du logement de Basse-Normandie et le maire de TINCHEBRAY sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du
présent arrêté
qui est notifié à la Société MERMIER LEMARCHAND par lettre recommandée avec accusé de réception.